Cartographie collaborative Mersea : les déchets échoués suivis à la trace

La cartographie interactive Mersea permet de signaler des déchets échoués sur les plages de France. Cette initiative émane de l'association Ansel.

08/03/2017 à 11:53 par Adele Leberre

Un échantillon d'une opération de ramassage (© Ansel).
Un échantillon d'une opération de ramassage. (Photo : © Ansel).

Par Adèle Le Berre

Il est rare de longer une plage sans y trouver un seul déchet. Certains sont particulièrement présents. Les bénévoles de l’Association de nettoyage au service de l’environnement et du littoral (Ansel) le savent mieux que quiconque. Depuis 17 ans, ils arpentent les plages du pays de Cornouaille (Finistère) un dimanche matin par mois, pour les débarrasser de leurs déchets. Pour aller encore plus loin dans la démarche, ils ont créé Mersea, une carte collaborative qui recense les échouages de déchets.

« Jusqu’à 600 kg de déchets » en une matinée

Lionel Lucas, co-fondateur d’Ansel, indique :

Au début, on ramassait jusqu’à 600 kg en une seule matinée. Le mois dernier, on en a ramassé 80 kg. Les volumes diminuent car les mentalités évoluent. Mais il suffit d’un fort coup de vent et des centaines de kilos de déchets arrivent sur nos côtes. Et pour cause : le rail d’Ouessant est le couloir maritime le plus fréquenté au monde.

En 2014, l’association a créé le Réseau d’observation d’échouages de déchets en Atlantique à travers une page Facebook. Aidés par le fonds Explore de Roland Jourdain, quelques membres d’Ansel ont participé à l’opération Ocean Hackathon de Brest, en octobre 2016. Ils y ont rencontré des développeurs afin de créer la cartographie collaborative Mersea.

Depuis un mois, une première version est mise en ligne sur le site : oceanplastictracker.com. Elle sera enrichie dans les mois à venir.

Chausson Pullman, cartouche HP…

Les particuliers ou associations peuvent y signaler très simplement les échouages et y adjoindre une photo du déchet. « Le but est de comptabiliser les déchets, sensibiliser le public et essayer de tracer ces déchets : d’où viennent-ils ? comment se dispersent-ils ? », interroge Lionel Lucas. Douze déchets qualifiés de « traceurs » ont été retenus. Tous ou presque proviennent de conteneurs tombés à la mer. Les chaussons Pullman ont débarqué sur nos côtes lors d’une de ces tempêtes.

Des centaines sont arrivées sur l’île de Sein. L’entreprise a été informée et a organisé le ramassage. C’est un cas isolé.

Parmi les traceurs, figurent :

  • des pots de yaourts Pascual (qu’on trouve des îles Feroé à l’Angleterre),
  • des seringues,
  • des cartouches imprimante HP,
  • de la gomme naturelle,
  • des bouchons Dollmard,
  • des décorations de Noël,
  • des granulés de plastique industriel…

« On trouve aussi en quantité incroyable des bouchons jaunes et rouges de la marque ZP. Ils viendraient de conteneurs perdus dans les années 90 ! », se désole le militant.

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