Brest Acheter groupé pour moins dépenser !

La solution anti-crise d’habitants des Quatre-Moulins ? Se regrouper pour acheter ensemble auprès de producteurs. Plus d’intermédiaire donc des prix défiant toute concurrence.

Dernière mise à jour : 12/07/2013 à 09:59

Maryvonne Lechat (à droite) a initié, avec des habitants du quartier, cette solution originale aux fins de mois difficiles.
Maryvonne Lechat (à droite) a initié, avec des habitants du quartier, cette solution originale aux fins de mois difficiles.

 

« Avec l’explosion des charges diverses quand, à côté, les ressources n’augmentent pas, beaucoup de familles, arrivé le 15 du mois, n’arrivent plus à gérer », alerte Maryvonne Lechat, référente famille au centre social de Kérangoff. Un constat auquel s’ajoute « l’absence, rive droite, de sites de distribution alimentaire ».

Pour aider ces familles, une première idée avait été de créer une épicerie sociale. « C’était compliqué à gérer. Et il fallait trouver quelque chose tout de suite car elles sont dans l’urgence. » Finalement, le centre a privilégié une autre solution, le groupement d’achat. L’idée : faire des commandes groupées auprès de producteurs. Plus d’intermédiaire donc des prix défiant toute concurrence. Avec, en prime, « des produits d’une qualité bien meilleure que les premiers prix en hyper », souligne Nathalie, une bénévole.

Par exemple, ce producteur de Plougonvelin, le seul pour le moment à avoir répondu à l’appel du centre, propose son kilo de pommes de terre nouvelles à 1,10 euro. « Au lieu de 2 à 3 euros en grande surface. » Idem pour les choux-fleurs, oignons, échalotes… La viande, de la blonde d’Aquitaine, s’affiche quant à elle à 11 euros le kilo. Le producteur est gagnant lui aussi. « Ça lui permet de vivre de ses produits. » Car, depuis la création du groupement, en décembre dernier, une cinquantaine de familles sur le centre de Kérangoff y a adhéré. Côté Kérourien, un quartier voisin, ils sont une vingtaine.

Et, lors des commandes, chaque deuxième vendredi du mois, il ne s’agit pas de prendre 1 kilo par-ci, 500 grammes par-là. Les pommes de terre, c’est par sacs de 5 kilos, la viande de bœuf, par caissettes du même poids. Des produits qui sont ensuite livrés le vendredi suivant, puis conditionnés par des bénévoles.

Mixité sociale

Un système qui tranche volontairement avec le côté « un peu honteux » des distributions en associations. Ici, pas question de justifier ses ressources : « Tous les habitants du quartier y ont droit, ce qui favorise la mixité. » C’est aussi bien plus convivial. « La réception des livraisons se fait dans la bonne humeur, avec café et petits gâteaux. » Depuis, des personnes qui ne se connaissaient pas s’échangent des trucs et astuces pour moins dépenser. A l’image d’Irène qui va proposer, prochainement, des ateliers pour fabriquer soi-même ses produits ménagers.

Maintenant, le défi, c’est de trouver des producteurs. Car entre ceux engagés auprès de centrales d’achats et les autres tournés vers la vente directe en exploitation, pas si facile de nouer des partenariats. Un passage au dernier forum de Ploudaniel, organisé par la Maison familiale et rurale, a toutefois permis de prendre des contacts avec des agriculteurs. Des liens qui pourraient d’ailleurs aboutir à d’autres types de collaborations. « On réfléchit à organiser au centre un forum sur les métiers agricoles. » Car, l’autre but du groupement, c’est aussi « de rapprocher le milieu agricole de la ville ».

Delphine Van Hauwaert

 

Contact : centre social de Kérangoff, rue Franchet d’Espérey, à Brest. Tél. 02 98 45 16 96.

Rue Maréchal Franchet d'Esperey, 29200 Brest, France

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