Brest Passé et présent du port

Si le port de Brest occupe la première place bretonne dans le trafic de marchandises, le chemin a été long pour que la ville se dote d’infrastructures dignes de ce nom.

Dernière mise à jour : 28/05/2013 à 17:03

Avec ses quelque trois millions de tonnes de marchandises ayant transité, en 2012, dans ses eaux, le port de commerce de Brest affiche une belle santé. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Pendant longtemps, en effet, Landerneau s’est taillé la part du lion en terme de trafic, sa cité militaire de voisine se contentant d’accueillir vivres et munitions pour les armements des vaisseaux du roi. Il faut dire que les « infrastructures portuaires » étaient bien à la peine, étendues sur à peine une centaine de mètres de part et d’autre de la Penfeld, au niveau des actuels quais Tourville et Jean Bart.

Porstrein dans la ligne de mire

Un état de fait auquel plusieurs personnalités des XVIIIe et XIXe siècle ont tenté de remédier en imaginant divers projets. Chez tous ces esprits visionnaires, un lieu s’est rapidement détaché : l’anse de Porstrein. Mais ce n’est pas tout d’avoir des idées, encore faut-il pouvoir les concrétiser. La venue en grande pompe de Napoléon III à Brest, en 1858, devait changer la donne : à la signature d’un décret instituant un nouveau port suivaient en effet de généreuses aides gouvernementales.
En 1865, le port de commerce, bien que non achevé, était né, suivi, deux ans après, d’un escalier reliant le cours Dajot à ce nouveau centre de vie maritime. Manquait encore la première forme de radoub : elle était achevée en 1913. Cette année-là, le trafic du port s’élevait déjà à 630 000 tonnes – principalement du charbon, du vin et des produits chimiques.
À l’Entre-deux-guerres, l‘agriculture régionale a beaucoup contribué au développement portuaire, avec notamment l’exportation de pommes de terre bretonnes. La construction de la deuxième (1968) puis troisième (1980) forme de radoub a quant à elle achevé de modeler la zone,  tandis qu’au même moment surgissaient, gagnés sur la mer, les polders. L’un d’eux, d’une surface de 40 hectares, est resté jusqu’à aujourd’hui inexploité, mais pourrait bien accueillir, ces prochaines années, des activités industrielles liées aux énergies marines renouvelables.

Source : Brest, mémoire océane. Chroniques d’histoire de Brest et de la Marine. D’Alain Boulaire, Alain Coz.

Un port différent… et séduisant !

Tandis que, côté rade, des activités liées aux énergies marines renouvelables pourraient bien faire leur apparition sous cinq ans, côté goulet, le changement, c’est maintenant.

Il y a 4 ans, le port du Château, et ses 575 places sur ponton, montrait son visage aux Brestois. Outre augmenter la capacité en plaisance de Brest, l’objectif était également de pouvoir accueillir des événements nautiques d’envergure. L’arrivée de Loïck Peyron, vainqueur du trophée Jules Verne, en 2012, avait été une jolie première démonstration. En mars dernier, rebelote avec le départ de la Transat Bretagne-Martinique. Un départ de Brest qui pourrait « s’inscrire dans la durée », selon le souhait de Pierre Bojic, directeur général de Pen Duick, organisateur de la course.
Et cela, Antoine Monvoisin, le directeur de La Base, aux Docks du château, ne s’en plaindrait pas, lui qui a accueilli dans son restaurant-bar skippers et habitants. Un joli coup de projecteur sur cette nouvelle zone commerciale et tertiaire livrée en 2012 et que les Brestois commencent tout juste à s’approprier. « Pour l’heure, la plupart de notre clientèle est composée d’employés de bureau du port », souligne celui qui est également associé dans Le Tour du monde, au Moulin-Blanc. « On sent que cette partie du port est encore méconnue pour un certain nombre de Brestois, même si on voit de plus en plus de monde se balader le dimanche. »

Les docks ont leur galerie

Cette zone faisant face à la magnifique marina du château est également l’endroit qu’a choisi Dominique Le Roux, reporter photo depuis 20 ans, pour ouvrir sa première galerie, il y a 1 an. Sur ses murs, on découvre les clichés d’une vingtaine de photographes. Avec une volonté : « l’éclectisme ». Côté fréquentation, le Brestois reconnaît également que ce n’est pas toujours la foule des grands jours, évoquant plutôt « une clientèle d’habitués ». En cause, notamment,  « des difficultés de stationnement » dans la zone.
Celles-ci pourraient être en partie résolues prochainement. Avec l’aménagement du Parc à chaînes, ce seront en effet 311 places gratuites qui seront créées sur ce qui s’apparentait jusque-là à un terrain vague. Objectif de ce chantier de  1 355 000 euros HT : « Rationaliser le stationnement dans la zone autant qu’apporter du qualitatif », explique-t-on à la Ville. Des travaux qui devraient être achevés « fin juin-début juillet ».

Brest, 29

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